Ai-je encore mon reflet dans le miroir?

exister en tant que femme

Ne suis-je qu’une infirmière dans cette vie??? Puis-je encore exister en tant que femme ? Que mère?

Mon bilan personnel 2017

Lorsque j’ai débuté la nouvelle année je me suis dis que j’étais fière de la femme que j’étais devenue. Je ne me sens pas forcément accomplie à proprement parlé mais plutôt en cours d’accomplissement. Disons que j’avais encore l’étiquette « Work in progress »  mais que je me sentais pas trop mal dans mes baskets.

Niveau maternité, je me rapproche de mon idéal (Article: Quatre ou pas quatre?). Même si j’essaie chaque jour de m’ améliorer. Le perpétuel décalage entre la mère que je souhaiterais être et celle que je suis vraiment… Ma quête sempiternelle de perfection dans tous les domaines de ma vie! Bon, de ce côté il y a encore beaucoup de boulot!

Niveau travail, je suis infirmière depuis plus de 12 ans. Ce métier m’a plu. Mais il y a longtemps que j’ai perdu la passion. C’est bien dommage… pour moi surtout, car cela n’empêche pas que je me donne à fond pour mes patients. Eux n’y sont pour rien si j’ai perdu l’étincelle. Je suis parfois, voire trop souvent leur seule visite (Je suis Infirmière en HAD) alors je me dois de leur apporter sourire et joie de vivre. Je pense être compétente dans mon domaine, mes patients m’apprécient, mes collègues aussi c’est déjà bien suffisant.

Le grain de sable qui a enrayé le mouvement

Un jour de fin Janvier tout à basculé. J’ai eu un accident de scooter. Bon, 3 fois rien car je n’allais pas vite. Je sais pas vous mais je monte toujours sur mon scooter en ayant une image qui clignote dans ma tête « Je suis mère de 3 enfants » (Retour des angoisses… bonjour!). Bref, après une jolie glissade matinale en attaquant mon poste je me suis retrouvée avec le pied cassé. C’est là que j’ai commencé à comprendre que je n’avais peut-être plus d’existence réelle!

Les semaines qui ont suivies ont été assez difficiles. Nous étions en cours de déménagement, en cours de travaux et moi je me retrouvais cloué à mes béquilles quand j’aurais du être au maximum de ma forme. S’occuper des enfants n’a pas été chose facile surtout quand le dernier a moins de 2 ans. Des gestes simples comme: Sortir un bébé du lit ou changer une couchee peuvent vite s’avérer très rock’n’roll sur un pied avec 2 béquilles!!!

Malheureusement pour moi, tout ne s’est pas déroulé si simplement et les difficultés ont persisté. La douleur s’est installée et l’algodystrophie m’a rattrapée. (Pour savoir ce qu’est cette grosse bête noire, c’est par ici).

Est-ce que j’existe encore en tant que femme?

Si au début, collègues, amis et famille ont pris de mes nouvelles et ont semblé comprendre ma douleur. Les choses ont bien changé par la suite. Ainsi, au fil des semaines les : « Comment tu vas? », « Tu as moins mal? », « Pas trop dur avec les enfants ? »… Se sont transformés en « Tu reprend le travail quand? », « Ton arrêt va jusqu’à quand? », « C’est quand ta date de reprise? »… Mieux « Des nouvelles pour ton arrêt? ».

Heu… A quel moment mon arrêt s’est transformé en personne? Où suis-je passé dans l’histoire? J’ai toujours mal et tout le monde s’en balance c’est çà ? Où est passé la femme? la mère de famille? Ne suis-je donc plus que çà: une infirmière?

J’ai toujours pensé être une femme de 3 enfants qui exerce le métier d’infirmière mais apparement je me suis trompée. Je suis une infirmière qui a 3 enfants et qui est de sexe féminin. Je ne suis donc plus une femme mais une fonction, un métier. Pire un pion dans la société! Où ai-je donc été perdue en route? Vais-je encore voir mon reflet si je me met devant un miroir ou verrais-je une blouse vide????

Ma colère face à l’imcompréhension…

Ma douleur est peut-être difficile à comprendre… Mais elle est là, tous les jours, à chaque pas. Intériorisée trop souvent. Grignotant jour après jour chaque parcelle de mon esprit qui n’en a que trop marre de cette douleur. Sans compter le lot de frustrations qui va avec: Je ne peux courir avec mes enfants, apprendre à ma fille à faire du vélo, aller me balader comme avant… Vivre ma vie de femme, vivre ma vie de mère. Vivre ma vie tout simplement… En cette période de vacances scolaires, il me tarde vraiment que les choses retrouvent leur court normal.

La seule chose qu’on voit de moi à présent c’est que je n’accompli plus comme un brave petit soldat mon métier d’infirmière. Je voudrais donc rétablir les choses… Oui j’irais accomplir mon devoir. Je n’ai malheureusement toujours pas gagné au loto !! Mais avant de vivre ma vie de professionnelle, je dois pouvoir vivre ma vie de mère et ma vie de femme et pas l’inverse.

Ironie du sort

Ce qui est encore plus frustrant c’est que mon quotidien professionnel consiste à écouter la douleur des autres et à me battre pour l’éviter. Belle ironie! Qui comprend la mienne? Qui l’écoute?

Je fais toujours en sorte que mes patients ne soient pas juste des « patients » ou des « soins » à effectuer mais des personnes. Des personnes avec une vie, un passé, un vécu, une histoire… Et moi, je ne suis plus qu’une profession. Où est passé la femme? Celle juste derrière la tenue? La voit-on encore? A t-elle disparu?

Je suis une femme, une mère… Je veux exister en tant que femme et voir mon reflet dans le miroir ! 

 

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3 Commentaire

  1. Ta colère est compréhensible. Dans la tête des gens, être infirmière, c’est souvent se sacrifier pour le bien des autres, et je pense que beaucoup, quelque soit le métier, oublie souvent qu’ils ont une personne en face d’eux, quelqu’un avec ses propres problèmes, ses propres faiblesses.

    J’ai travaillé dans la banque et quand je voyais comment certains clients osaient parler à la jeune femme de l’accueil, qui ne gagnait pas plus qu’eux et devait avoir les mêmes difficultés financières, cela me retournait le bide !

    Tu as raison quelle que soit la personne que l’on a en face, il ne faut pas oublier qu’elle est une femme, un homme à part entière !

    Virginie

    1. Merci pour cette réponse. Je me sens en effet blessée. Nous sommes trop souvent déshumanisé dans la vie quotidienne. C’est quelque chose que j’ai toujours trouvé inacceptable, notamment dans mon travail. En ce moment je le prend de plein fouet et c’est assez douloureux 😢…

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