Mon travail m’a tué…

Mon travail m'a tué

Phénomène de société ou cas isolé?

Mon travail m’a tué… C’est une phrase que je peux dire. Il m’a transformé au fur et à mesure de ma carrière. Il m’a détruite petit à petit. Suis-je la seule?

A very long time ago

Oooohhh je n’ai pas choisi ma carrière sur un coup de tête bien au contraire…

Lorsque je me suis retrouvée en classe de terminale, j’ai passé une première fois le concours d’infirmière. Etant persuadée que je n’aurais pas mon bac, je suis juste passée par là le jour du concours. Imaginez comme je m’en suis mordue les doigts quand par surprise … J’ai eu mon Bac !!!! … mais… raté mon concours!

J’ai donc commencé par faire une année de fac de psychologie pour éviter de perdre une année. Comme ma maman ne pouvait pas financer mes études, je suis allée comme bon nombre d’étudiants travailler. Le travail appelant le travail j’ai eu moins de temps pour étudier, alors j’ai fais ma deuxième année par correspondance . La difficulté de la tâche a fait que je me suis arrêtée le deug en poche. Je suis restée ainsi restée dans le poste que j’occupais durant mes études avec un mini diplôme qui ne me servait à rien!

Quelques années ont passé et j’ai décidé de me relancer dans la voie que j’avais choisie. J’ai donc passé à nouveau le concours et j’ai été reçu haut la main cette fois -ci. Je me suis accrochée pendant plus de 3 années où je devais payé mes factures et étudier. Et j’ai fini par obtenir le saint graal : Mon diplôme d’infirmière !!!

Au commencement : la motivation

C’est avec un grand bonheur que j’ai commencé mon activité, toujours un peu le nez dans les livres… Oui, avoir son diplôme veut dire que vous pouvez exercer sans être dangereuse… pas que vous avez la science infuse! Du coup je n’ai jamais vraiment cesser de me mettre à jour… même des années plus tard.

J’ai roulé ma bosse comme on dit et pris confiance en moi. J’ai acquis ce qu’on appelle l’expérience. Et ce qui est fabuleux dans cette acquisition c’est que la maîtrise permet de se consacrer encore plus à celui qui est au coeur de notre métier : le patient.

Je n’ai jamais compté mes heures, je n’ai jamais compté mes jours, j’ai annulé et déplacé des vacances pour les besoins du service. J’ai fais des jours, j’ai fais des nuits, j’ai remplacé des collègues absent(e)s. Juste pour une chose éviter la difficulté à mon service, à mes collègues et assurer les soins de mes patients.

…Et puis les grains de sable

La motivation s’est usée… Oh non pas à cause des patients, pas à cause non plus de l’amour du métier (Je ferais déjà un autre métier sinon). Mais à cause de la gestion de mon établissement. Petit à petit, on a continué à nous demander toujours plus, pour le même salaire bien sur. Sinon c’est pas drôle! Et ce sans plus rien avoir en retour.

De notre métier où on nous demande toujours plus d’humanité et d’effort. On s’est mis à nous traiter non plus comme des personnes mais comme des numéros. Des pions. Des objets qu’on déplace au grès des envies de chef qui ne savent même pas ce qu’est le travail en service. Qui ne connaissent pas le manque de temps auprès des patients. Qui ne connaissent pas la culpabilité de se dire: Je n’ai pas eu plus de temps pour parler avec cette personne en fin de vie. Non pas par flemme… Non non non…! Juste parce que vous avez la responsabilité de dizaine d’autres patients pas très en forme non plus (ils seraient chez eux sinon!).

Bref, on s’est mis à nous parler rentabilité… à coupler avec l’humanité et la bienveillance du patient bien sur. Heu?!?!? Y a rien qui vous choque dans l’énoncé? Je passe aussi sur le risque d’erreur : Vite et bien, je sais pas pour vous mais moi çà n’a jamais été très bien ensemble!!

Toujours faire plus avec moins et surtout sans rien attendre en retour…

La démotivation

Forcément, il y a un moment où malgré l’intérêt que l’on porte à ses patients on ne peut pas passer sa vie à se sacrifier. Il est fini le temps où les infirmières étaient des bonnes soeurs. Oui oui messieurs les dirigeants nous avons prêté le serment de Florence Nightingale mais pas celui de voeux de chasteté, de soumission et d’abnégation. Ou alors il y avait des petites lignes dans le contrat que je n’avais pas vu!!!

Les années ont passées où je me suis faite de plus en plus amère face à mon établissement (Qui ne fonctionne pas différemment des autres). La démotivation s’est faite. On me demande de l’humanité pour me traiter en retour comme un chien… Mais suis-je devenue sado-maso????

Ils ont réussi. Je dis bravo !!! Oui, ils ont réussi à me dégouter de mon métier, à me dégouter de me lever le matin. A me dégouter de faire tous ces efforts, que j’essai d’éviter de faire maintenant pour ma santé mentale.

La solitude ou pas…

Alors, je me suis dis que j’avais vraiment un sacré problème dans ma tête! Ne plus aimé aller travailler, comment c’est possible??? Je me suis dis que j’étais en train de devenir asociale ou je ne sais quoi. En train de devenir marginale en quelque sorte! Ca m’a fais peur! Vraiment! Car, je ne me voyais pas comme çà. Ou étais celle qui rentrait à 23h pour se relever à 4h du matin??? Pourquoi maintenant j’ai juste envie de jeter mon réveil par dessus le balcon lorsqu’il sonne le matin?

Et puis, j’ai commencé à le dire haut et fort. Dire que je ne supportais plus mes conditions… et là j’ai compris. Compris que NON je n’étais pas devenue une marginale. Mais, que d’autres étaient dans cette même souffrance. Du personnel s’en va pour faire autre chose, d’autre personnes partent en retraite anticipée pour toucher des figues et faire au final un autre travail à côté, d’autres encore comme moi pleure chaque jour de devoir se rendre sur notre lieu de travail.

Non! Je ne suis pas un cas isolé, non, je ne suis pas seule. Et je ne pense pas que cela soit différent dans un autre établissement, ni même dans d’autre branche que la santé.

Où est passé la santé et l’épanouissement au travail? Que sont devenues les carrières épanouissantes pour lesquelles nos grands mères se sont battues pour y avoir accès??? Où sont elles????

Le triste bilan

Comment peut-on en arriver jusqu’à dire aujourd’hui: Mon travail m’a tué! Il m’a détruite petit à petit, pierre par pierre jusqu’à ce que je ne sois qu’un grain de sable à l’édifice, jusqu’à ce que je ne sois que poussière… Comment???

Voilà donc le ressenti que j’ai face à mon métier aujourd’hui et la colère que je porte en moi. Et vous? Comment çà va au travail?

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12 Commentaire

  1. Ma pauvre. Je vois très bien de quoi tu parles car j’ai des amies qui font le même métier que toi. Elles aussi sont démotivées et ne veulent plus faire ce métier à cause, non pas des patients, mais du système qui les presse comme un citron. J’aimerais te dire de ne pas te décourager et que ça ira mieux demain mais je n’y crois pas. Je pense au contraire que la situation va empirer 🙁
    Il faut être soit hyper motivé ou totalement inconscient pour faire ce métier maintenant…

    Bon courage à toi. Bises.
    Cécilia

    1. Oui c’est exactement çà… il faut être extrêmement inconscient pour se lancer dans ce métier ou alors super méga maso! Voir peut-être un peu des deux à la fois. Parfois lorsque je vois les étudiants dans l’hôpital qui viennent passer le concours, je n’ai qu’une seule envie : Leur dire « Fuyé!!! FUYE !!! Après il sera trop tard! ».
      Le pire c’est que je ne suis pas sûre que cela ne se passe que dans les hôpitaux. Je pense que plein de personne de divers horizons ne sont pas heureuses au travail. Et çà je trouve çà effrayant car c’est une bonne partie de notre vie!

  2. Quelle tristesse… ! Vraiment ton article m’a beaucoup touché… Après c’est vrai que notre pays est un peu particulier concernant les « retours » et reconnaissance liés au travail fourni.
    Pour la part je suis encore étudiante mais j’ai changé en cours de route ma vocation pour ne pas avoir à sacrifier ma vie de famille . De base, ma licence de psy en poche (passé comme toi par correspondance), j’envisageais un parcours dans le social auprès d’enfants handicapés et puis … les stages m’auront ouvert les yeux concernant les conditions d’un tel emploi. Du coup je me siis réorienté vers la visite médicale pour être plus libre au niveau de mon emploi du temps. Et j’espère que ça le fera : )
    Bon courage à toi ! Et bonne continuation
    Annaelle

    1. Je pense que tu peux te féliciter de cette réorientation. Tu as effectivement senti les prémices du mal-être et su bifurquer au moment opportun. Nous sommes peu habitués à faire ceci et avons plutôt tendance à continuer sur la ligne tracée d’avance. Bravo à toi d’avoir su « t’écarter du chemin balisé » !!!
      Et merci pour ton partage d’expérience.

  3. Pas du tout le même travail, ni les mêmes conditions mais je crois que le résultat a été le même à l’arrivée… Je te souhaite de retrouver l’envie, la passion ou de trouver quelque chose qui t’épanouisse de nouveau… C’est tellement dur de travailler dans un environnement qui nous fait souffrir !

    Plein de réconfort

    Virginie

    1. Merci pour ce message d’encouragement, je sais que malheureusement toi aussi tu connais cela.
      C est le malheur justement… il n y a pas que mon domaine de touché.
      Je trouve ça navrant, car le travail représente une partie énorme de notre vie.

  4. Je viens de tomber sur ton blog via le blog de Picou Bulle. J’ai deux amies qui ont le même métier que toi, l’une c’est tournée vers le libéral et l’autre est encore à l’hôpital. C’est un métier qui n’est pas évident et je comprend un peu ta démotivation. Je te souhaite que tu retrouves goût à ton métier

    1. Merci d’être venu jusque sur mon blog pour lire cet article 😉.
      J’ai peur d’avoir dépassé le stade où je pourrais retrouver le goût ! Fût un temps je pensais changer de direction tout en restant infirmière. Maintenant j’en suis au stade où je voudrais carrément me reconvertir !!!
      J espère que cela se passe mieux pour tes amies que pour moi…
      Merci pour ton commentaire en tout cas 😉

      1. Il faut dire que vous n’avez pas forcément des conditions géniales et je comprends que ça puisse dégoûtée de ce métier. Pour mon amie qui est infirmière en hôpital, ça semble bien rouler pour elle. Quant à mon amie qui est désormais infirmière libérale, elle m’a dit avoir gagner en salaire et surtout elle ne bosse plus en nuit, ce qui lui permets d’avoir des horaires classiques (elle finit à 20H certains soirs). Après pour le libéral, ce que me disait mon amie, c’est qu’il faut trouver les patients et parfois ça peut être difficile selon la région et le coin où l’on habite.

        1. J’ai songé au libéral, c est déjà un peu le travail que je fais mais rattaché à l’hôpital (je travaille en Had). Dans ma région il y a beaucoup de demande. Pour te dire il y a 52 infirmières dans ma ville… et tu galères à en trouver une disponible!!!!
          Honnêtement je ne sais pas trop ce que représente le libéral en terme de facturation,taxe… et même en faisant des recherches ça reste un peu flou. Ce qui fait que j’ai beaucoup freiné pour essayer de ce côté là.

          1. Ah oui en effet, c’est pas énorme. Alors d’après mon amie, ce qui est un peu chiant c’est la paperasse qui est assez lourde et puis trouver des patients car il y a pas mal d’infirmières libérales. Mon amie, c’est lancé dans l’aventure avec l’une de ses anciennes collègues pour monter leur cabinet d’infirmières. Ne travaillant pas dans ce secteur je ne sais pas trop t’aider. Quoiqu’il en soit je te souhaite de trouver une voie professionnelle qui te plaise.

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